Le vin blanc de Chateauneuf du Pape ne date pas d’aujourd’hui :« Je n’ai plus de ce bon vin blanc dont vous me parlez, Je ne fai (sic) de vin blanc que pour ceux qui m’en demandent avant les vendanges » écrit mon grand-père le 9 Juin 1812. « Je souhaiterais que vous me fassiez goûter le vin blanc que vous donnez à vos amis pour me décider à vous en demander 50 ou 100 bouteilles pour l ‘année prochaine » lui écrit la Vicomtesse de Castellane le 8-11-1812.
Les commandes portent sur des volumes conséquents pour des particuliers : « Pour les années prochaines, je m’arrangerai pour que vous m’en gardiez à toutes les récoltes plusieurs pièces ».
Les transports étaient soignés : « Je vous observerai que le mois d’avril prochain serait le temps favorable pour faire voyager ce vin, afin d’éviter les chaleurs qui pourraient lui nuire » écrit mon grand-père. La comtesse de Castellane lui répond « Je n’ai pu faire enlever le vin avant l’été aussi je vous prie de me rendre le service de me le conserver chez vous jusqu’au frais. Je profiterais de ce que les chemins sont un peu sec pour l’envoyer chercher.» 16-02-1810. « Il peut arriver que dans la route, il se fasse quelque échange où quelque mélange au préjudice de la réputation du vin. Pour éviter cet inconvénient, il serait bon de choisir un bon charretier, de faire doubler la futaille » le 10-12-1812.
Les problèmes de qualité ne datent pas d’aujourd’hui : le 24 Mars 1813 « J’avais passé 20 ans à Paris pendant lesquels j’avais presque toujours fait ma provision de vin de Chateauneuf du Pape, les deux dernières années on m’avait envoyé de si mauvais vins que les domestiques n’ont pas voulu le boire et il n’était bon qu’à laver les pieds des chevaux. Je ne sais si j’avais été mal servi ou si il avait été changé en route mais cela m’avait dégoûté d’en faire venir. Et j’en avais pris à Pomard (sic) en bourgogne, mais les quatre dernières années m’ont raccoutumée au vin de Chateauneuf. je trouve même que le vin de Bourgogne me fait mal à l’estomac, je vous prie donc de me faire passer, le plus promptement possible une pièce de ce bon vin de Chateauneuf. » Constate la cliente.
Quelques conseils de mon ancêtre : le 4 –4-1813 « Je vous observe que le vin de Chateauneuf est bon à boire après l’hiver, je crois que vous devez en faire l’essai. Il est bien vrai qu’à la troisième année, lorsqu’il est bien conservé et mis en bouteilles, bien bouché, est encore meilleur. Aussi si j’avais un conseil à donner à quelqu’un, ce serait d’en faire l’acquisition de plusieurs tonneaux, pour boire toujours du vin vieux. Le vin de Chateauneuf est stomachique, surtout quand il est vieux. » Autre conseil le 24 mars 1812 « Ce vin après les froids de l’hiver est très buvable et bien supérieur à d’autres vins vieux. Il est vrai qu’il devient meilleur la seconde année, et des la troisième année, quand il à été mis en bouteille, il est digne de figurer à table, au dessert et d’être bus dans de petits verres. »
Ces courriers auraient pu être écrit en 2002 (à condition de remplacer les … charrettes par des containers et les petits verres par les… grands).